© 2019 par mac guffin kollectif

 

Noël kabey est enfin rentré

voyage en solidaire

Pièce mémorielle sur les souvenirs figés, cristallisés par une mémoire dangereuse et tricheuse, on y trouve un jeune homme en voyage dans un ailleurs oublié. Nous avons cherché à tracter la remorque du temps pour rendre "hors-temps" le rapport au icônes de notre passé. Il n'est plus question de traces mais de masses en mouvement qui rejoignent notre ligne de vie. Pas d'expiation, mais de la collusion en mouvement. C'est un travail sur les figures fantomatiques qui hantent nos vies et laissent à l'abandon toute chance de reconstituer la part de nous qui continue à vivre à travers un passé. Notre passé, non passéiste mais utopiste d'un nous ancien, bouge et respire comme le moi d'aujourd'hui.

 

Un voyageur perdu à la recherche de souvenirs

Au détour d’un virage, après les rivières de mirages et les rages sales, il arrive dans une vieille ville qui a oublié son passé, ses souvenirs et ses regrets, un salon de coiffure abandonné tient encore debout, seul îlot, seule respiration encore audible. Un homme et une femme perdus s'y retrouvent chaque jour sans un mot, pour vivre leur quotidien : coiffer, lire, partager sans se parler.
Un jour, un intrus arrive.
Il porte une valise et un appareil photo. Il vient « visiter » la région et découvrir quelques souvenirs et quelques paysages...
Il cherche et il se cherche, au milieu de cet endroit qui lui parle. Il se souvient et bouscule ses « environs »...
Chacun l'écoute et ouvre un peu plus son cœur et son esprit.

Le voilà désormais lui aussi pris dans le sortilège.
 

 

EXTRAIT

L'INTRUS

Je regrette d’avoir laissé filer toutes ces belles années sans jamais me dire que quelqu’un a pu en profiter.

On ne s’arrête pas devant un souvenir pour lui dire : « c’est pour toi. »

Un souvenir s’en fout, il n’a plus d’appétit.

 

Je regrette de ne pas avoir dit à ceux, à celui et à celle... que mon monde, à l’instant, c’est un bout de présent, un cadeau sans accent, sans retour et sans gant. Et que s’il se met à vaciller ce n’est rien que la preuve de toutes les vérités qu’il a porté sans succès…

Je regrette qu’on redoute de s’attacher toujours autant sans savoir si c’est bien prudent. Qu’on ne laisse pas tranquille les « tu m’en diras tant » et les jugements. Qu’on lâche du leste sans se battre vaillamment.

Je regrette qu’à chaque fois que l’on pleure ce soit déjà trop tard pour garder la chaleur. Qu’un peu de larme chaude ça n’existe qu’en fraude, à rebours dans une chiquenaude.

De ces gouttes de rosées, croyez-moi, je nourrirais bien quelques hauts faits…

Je regrette qu’un matin ne soit pas toujours un matin, que parfois il fasse nuit même ailleurs qu’à minuit.

Et pourquoi entre le ciel et la pluie on ne retient toujours, que la pluie.

L’averse qui souvent part plus vite qu’un tournis.

 

Je regrette qu’on se moque de tous au profit de chacun sans jamais se dire « ça suffit à la fin »…

 

Je regrette de ne pas avoir été là quand ils auraient eu besoin de moi. Et qu’en tant que fantôme je pourrais au moins hanter leur arôme.

 

Je regrette de ne pas mettre à bas les voleurs de moments. Ceux qui gâchent les rêves si aisément.

 

Je regrette de ne savoir dire à tous ces ennuis…

Moi aussi j’ai grandi…


Je regrette aussi nombre de mes amis qui sont partis.

 

DISTRIBUTION

avec  Nicolas Guépin - Romaric Delgeon - Valentine Brac de la Perrière - Marine Demichel - Susanne Simon maquillage Mélanie Benetier

musique Grégory Ballesteros - Denis Fargeat

lumière Lili Brik    assistante mise en scène Tiffanie Deschamps

texte, scénographie & mise en scène Manuel Liminiana

durée 1h15

 
 
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