© 2019 par mac guffin kollectif

 

Avant que l'avant-garde ne glisse sur les rochers

J'ai trouvé comment sauver le bout du monde et les trombes

- épisode 2 -

Ici, c’est l’éternité qui tient à s’imposer, à concasser les limites, les frontières, et déverser son ignorance organisée contre vents et marées. C'est justement là le sujet de cette aventure : ignorance face à éternité. Comment les lutteurs, ces combattants d'un ring invisible peuvent s'opposer à la perpétuité et toutes les plaies qu'elle transportent avec elle ? Comment un objet pensant, si petitement fini, un organisme presque mourant alors qu'il vient d'éclore, comment mais comment peut-il trouver une force incongrue pour s’immiscer dans la danse et forger les contre-mesures d'un temps fini ? L'éternité n'est rien et pourtant elle tue tout. Alors prenons la place et luttons pour les limites du monde, apprenons, respectons  : advenons

 

Une grande fresque théâtrale, musicale et chorégraphique
classique et contemporaine à la fois, voyage dans le temps, les époques et les histoires

C'est un Nicolas Surpainsac usé et épuisé qu'on retrouve en bas de la falaise, et ses acolytes du bout du monde semblent aussi à bout de force, à bout d'espoir. Perdus d'être arrivés à terrasser le perpétuité. Pourtant leurs rangs se sont étoffés pour lutter. Mais même la fraîcheur d'une nouvelle vigueur semble impuissante face à l'éternité qui cherche toujours à tout effacer sans se soucier de qui viendra après.
L'arrivée de Magdalena Télika Tikatoba pourrait bien réveiller les ardeurs passées... Elle vient pour les déloger, et se heurte à une résistance passionnée. En voulant tout écraser et les éliminer elle leur rappelle la raison qui les a portés jusqu'ici.
C'est en forçats révoltés qu'ils tentent de lutter.
En face à face.

 

 

Entre utopie et raison de soi, la pièce flotte dans un ailleurs coloré, onirique et pourtant profondément a nous, avec nos traces, nos peurs et nos aspirations. On y plonge par les souvenirs, les vieux chants qui nous rappellent qui nous étions, la danse qui nous donne la sensation d’exister, de respirer, un corps prend conscience. C’est un lieu de passage et d’expansion, où le temps bascule à chaque instant pour donner à chacun la sensation d’une existence vécue à plein régime mais également soumise à ses limites et son « éphémérité ». Chaque seconde de la conscience s’étire pour en connaître toujours plus sur ce que nous sommes et sur ce qui se cache dans notre infiniment petit, dans les recoins d’une mémoire consommée avant d’exister.

 

Elle pose la question de comment lutter pour des idées, comment accepter de disparaitre en toute sérénité. Comment parfois le monde s’acharne à tout oublier pour vivre au chaud, les yeux dans l’obscurité, bien calé dans la tempérance de notre manque d’ubiquité. Nous pensons être tout et pourtant nous ne sommes qu’un petit nulle part.

 

EXTRAIT

NICOLAS SURPAINSAC

Je suis venu ici pour trouver le bout du monde et pour le préserver vous savez.

 

MAGDALENA TELIKA TIKATOBA

Ah oui, quand même…

                                     

NICOLAS SURPAINSAC

(toujours simple mais raisonnablement passionné)

(il acquiesce)

Mais une fois fait… Qui pouvait se douter qu’on y resterait coincé… qu’on devrait tant donner… se donner… sans espoir de retour…

J’ai laissé partir toute mes théories au royaume des oubliés, quelque part à droite de Ptolémée, juste à gauche de Prométhée…

 Mais j’ai continué à croire que les choses pouvaient changer.

(il la regarde pour jauger)

… C’est jamais bien bon je sais…

Vous connaissez la constante de Planck ?

 

Magdalena Télika Tikatoba fait non de la tête. Nicolas est déçu. Il ne parle plus.
 

 MAGDALENA TELIKA TIKATOBA

(d’un seul coup)

Mais ca m’intéresse beaucoup !

Allez-y expliquez-moi ?

J’ai du temps à consacrer à ces petits mystères.

Ne prenez pas de gants, je vous écoute.

Je tiendrai la cadence.

Croyez-moi j’ai entendu tant de prières.

(elle sort un calepin et s’apprête à noter).

Alors votre histoire de Klanp !

 

NICOLAS SURPAINSAC

Vous en faites un peu trop…

(prenant son temps comme à l’école)

C’est une équation du monde qui parle de l’énergie et du temps… De ce qui transperce à chaque seconde tous les corps terrestres ou célestes qui nous entourent. Regardez, photon après photon, à chaque instant, la lumière vous transperce. Photon après photon toujours plus profond, toujours à l’unisson.


Voyez-vous, cette lumière a été crée pendant un instant très court, tout juste 10 exposant -43 seconde après l’instant zéro de toute chose de l’univers… C’est très court c’est vrai… mais c’est prouvé.

Mais le plus beau dans tout cela, c’est que depuis tout ce temps, elle nous traverse… presque éternellement.

N’est-ce pas merveilleux d’imaginer qu’un instant aussi bref soit responsable de toute cette beauté ?

 

DISTRIBUTION

avec  Nicolas Guépin - Solène Angeloni - Marine Demichel - Susanne Simon- Mathilde Ménager - Romaric Delgeon
maquillage Mélanie Benetier

lumière Lili Brik   assistante mise en scène Tiffanie Deschamps

texte, scénographie & mise en scène Manuel Liminiana

durée 1h20

 
 
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