© 2019 par mac guffin kollectif

 
 

Mary Beth
n'est jamais rentrée

histoire de forcenés, du ressac et d’après...

L'histoire de la fin d'un monde. Des eaux, les flots, partout.

Les reflets d’une perdition annoncée que personne n’a jamais vraiment écoutée.

Très bien, la belle affaire. Alors interrogeons la chose : qui sommes nous désormais, que valons-nous au milieu d'un nouveau monde qu'on a nous même forgé sans l'écrire ?
Une terre noyée, une fille broyée ; sa terre vivante sous les flots.

Comment écrire une histoire pareille si proche de nous, si loin du nous.

Peut-être en se souvenant par avance d'une histoire qui sera, avant la sanction du qui aura été. En avant, en vaillance.

Danse et théâtre pour un conte
au cœur des mémoires de l'ancien monde

Un jour comme tous les autres, une jeune fille de l’ancien monde arrive enfin sur une terre noyée gardée par les poissons mémoires. Elle espère y reconstruire les images d’une histoire passée qui restent à jamais accrochées dans ses souvenirs.

Sans trop y croire et elle s’arrête ici. Elle est venue de loin, parcourant ce qui reste pour s'opposer, se battre, plus par principe que par réel espoir d'y arriver. 

La voilà face à un homme : Marcus du Lointain, gardien des nouveaux territoires, ici pour engloutir le monde. Une autre jeune femme agitée est la elle aussi, elle tente de sauver ce qu'elle peut.

A elles désormais de construire une destinée pour ceux qui ont abandonné, à elles de se laisser aller…Où bien devraient-elles baisser les bras et se laisser flotter comme ceux qui se sont effacés ?


Mary Beth n’est jamais rentrée est une histoire d'individu-métaphores, d'idées et de positionnements humains au milieu d'une fable écologique mais pas seulement...
Que fait-on de la terre, des gens, des pays ?

" Même si on n'a aucune chance d'y arriver, être humain, c’est tenter. "

 

EXTRAIT

L'EXISTENCE

Je me souviens très bien, oh ça oui je me souviens.

Diable qu’on se souvient fort de ce qu’on voudrait effacer à tout jamais de ses renforts.

Qu’on se souvient fort de ceux qu’on a aimés sans comprendre comment ça fait.

Je revois le départ, vaillant, puissant ; toutes gorges en avant.

Sonnez trompettes et troubles fêtes.

Prêts à tout pour remplir la quête.

 

Je nous revois sortir valises, oublis, et perce-ciel.

Laisser derrière les portes les restes de nos adresses.

Ne couvrir du regard que la lumière devant nos têtes.
Être bêtes, se moquer de ceux qui touchent tertre.

Construire autre chose qu’une messe.

Leur crier en leur montrant nos fesses

« Nous partons pour de bon, adieu Abigaël ».

C’était jour de perte, un peu avant Noël…

Nous croyions alors en nos chances australes.

On donnait de la voix, on nous criait : « Vandales ! »

Même les courageux nous pensaient incapables,

Sans idée, instables, tout juste bon à remuer du sable…

Mais quoi qu’ils disent de nos idées, même brèves,

Peut-être arriverions-nous à temps pour prendre la relève ?

Et,

Comme des aventuriers improvisés,

s’armer de simples chaussures à nos pieds.

Et nous avons cherché,

Grand mal, ce qu’on a cherché.

On a foulé les remparts de plusieurs terres, de plusieurs étés.
On a même regardé sous les pierres des enterrés.

On voulait absolument y arriver, il le fallait.

Il fallait nourrir nécessité de vanités.

Chaque jour, un peu plus,

Des bouts de glaises s’affaissaient,

On voyait disparaitre en silence, nos chances.

Chaque jour on sentait un peu plus le vent tourner…
Le monde fatigué d’exister, ne tenait guère debout.

Comme les falaises,

Comme nos fadaises,

Ça tombait de très haut.

On sentait que quelque chose c’était passé.  Loin de nous, à l’abri, sans bruit, dans l’ennui d’une ignorance collective bien utile.

Certains, orgueilleux, envieux, trop libres,

Certains avaient joué avec les déséquilibres.

 

La terre disparaissait et la plupart s’en moquait.

Alors,

Eh bien,

Comment dire,


Quitte à tout perdre,

Quitte à tout risquer,

Quitte à aggraver

Quitte à laisser l’éternité nous massacrer…

On a tout profané et ça nous allait.

Il fallait bien…

Ne pas laisser les pots cassés nous arrêter.



C’était pathétique à regarder.

 

DISTRIBUTION

avec Solène Angeloni - Valentine Brac de la Perrière - Arlo Doukhan
maquillage Mélanie Benetier

lumière Lili Brik    assistante mise en scène Tiffanie Deschamps

texte, scénographie & mise en scène Manuel Liminiana

durée 1h15

 
 
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