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L'histoire ordinaire de Simon Vouet

qui se retourna pour sauver 996 années

Il fallait absolument travailler sur un conte moderne coloré, chanté, dansé, enlevé. C'était une nécessité pour adjoindre la quête fantasque d'un Simon Vouet baladeur plus vraiment peintre, destinataire de vie plus que dessinateur, à la volonté de construire un texte poétique, une épopée nouvelle, un grand corps vivant électrisé et "justement" sincère.

C'est un projet de marchand de bonheur, même triste, qui invite un univers de nomades, d'amuseurs publics et de circassiens.

Et cette question cruciale qui forge le projet : quels que soient son obédience, son parcours et sa fin, est-il utile à tout à chacun d'avoir cette chance ?

Celle de réécrire souvenirs et quêtes, et de laisser l'imaginarius définir une réalité alternative qui se vit vraiment et s'exporte dans les contrées des possibles.

 

Une grande fresque théâtrale, musicale et chorégraphique
classique et contemporaine à la fois, voyage dans le temps, les époques et les histoires

Simon est un poète errant, un collecteur d'histoires. Aux grès de ses rencontres, il récolte des témoignages dont il enrichit le récit par son écoute généreuse, par l'attention qu'il prête aux inquiétudes et incertitudes des uns et des autres. Il n'est pas immortel mais a le pouvoir de créditer ses interlocuteurs des années nécessaires pour en achever le récit dans la bonne direction, celle qui dissipera leur mal être.
En donnant aussi simplement à ceux qu’il croise sur sa destinée, Simon essaye de s’oublier, lui et ses méfaits…

Il tente de s’exorciser, car lui aussi est en quête d'une rencontre qu'il espère depuis des dizaines d'années voir arriver.

Dans l’histoire et le voyage de Simon Vouet il est question, au sens propre, de voyage dans le temps, entre les époques car Simon erre à la recherche d’un paradis perdu, le jardin de Susanne.
Mais Simon Vouet est lui-même détenteur « de temps à offrir » pour changer des choses du passé pour chaque personne qu’il rencontre. Le voilà devenu créateur des petites uchronies dans chaque vie qu’il croise.

Simon fait partie d’une autre humanité. C’est bien sûr un personnage historique, un peintre de notre réalité, a qui l’on a décidé de donner une existence fictionnelle, qui prend la forme d’un demi-héros, et qui cherche à fuir les dieux et leur monde, considérant que les règles établies et notamment l’arrivée de la Mort dans le schéma des humains, ne lui convient plus. Il n’accepte pas la fin des choses.
Il prend la route et propose ainsi à ceux qui le souhaitent et qui en ont besoin des années dont il est doté en quantité pour régénérer des envies, des idées, des chances, et pour « permettre ». Cette légende lointaine nous est racontée pendant la pièce dans le récit de Suzanne Adamania, elle-même issue de ce monde mythologique.
La pièce porte ainsi quelque chose de l’ordre de la manifestation magique, du subterfuge ou du sort aussi bien que de la malédiction.

 
 

EXTRAIT

SUSANNE ADAMANIA

Au début il n'y avait rien.

Et avant ce début, on ne sait pas... surement considérablement.

 

De ce rien,

Pas un souffle ne pouvait s'enfuir,

Pas une trace ne pouvait s'ancrer,

Pas une peur ne pouvait renâcler.

Même l'obscurité ne savait où aller.

...

Il n'y avait rien, c'est-à-dire surement beaucoup trop déjà.


Et puis après, il y eut tout,

habité essentiellement... de rien.

Mais quand même, l'idée était sortie.

Ce qui s'entourait commençait à exister.

Alors apparurent le peu, assez et au moins.

Et la loi du tout ou rien finit par s'enfoncer dans des souvenirs qui jamais ne reviendraient.

Puis doucement, l'histoire nous surprit à s'installer. Les règles grimpèrent sur les parois et sur les sols pour recouvrir bientôt la presque totalité du tout. Elles attachèrent les mots et puis les phrases. Les phrases attachèrent toutes choses en de grandes assemblées. C'est alors que les assemblées attachèrent nos vies et nos pensées.

Et bien évidemment, alors qu'elle s'était faite oublier, qu'elle n'avait aucune raison d'exister, aucune place réservée, la mort eut le champ libre pour se pavaner et pris la première place tout en haut à droite des premiers arrivés.

 
Enfin, lorsque le rien du tout commença à reprendre ce qu'on lui avait dérobé, chacun faillit disparaitre, jusqu'au dernier. Et ainsi de suite, tant et tant de fois, jusqu'à l'excès.

 

A la fin, on espérait tout, mais il n'y aurait rien.

 

Finalement, sorti sans qu'on s'y attende de l'un peu moins que assez, quelque chose c'était mis à brocarder.

Un esprit perdu, royalement sourd à ce qui l'entourait depuis l'un des instants premiers, choisit de s'arrêter ici sur ce bout de parapet, à l'autre bout de l'histoire irrévélée, sur l'image arrêtée d'une terre morte et abandonnée.

Voici son histoire.

Celle qui n'a pas encore commencé.

Nous lui devons bien ça ...

Mais....

N'en faisons pas un plat.

 

DISTRIBUTION

avec  Nicolas Guépin - Solène Angeloni - Valentine Brac de la Perrière - Marine Demichel - Susanne Simon - Mathilde Ménager - Maud Roussel - Arlo Doukhan -
maquillage Mélanie Benetier

musique Denis Fargeat

lumière Lili Brik   assistante mise en scène Tiffanie Deschamps

texte, scénographie & mise en scène Manuel Liminiana

durée 2h15

 
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