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Virginia Victoria
ne s'en ira pas sans toi

ou comment l'espoir apprit à sortir du noir, sans trop y croire

Une chanson de geste, théâtrale moderne (enfin une tentative sincère) construite bien-sûr sur des événements proches du mythe, du conte et de l'Histoire de notre monde.

C'est assez simple à dire mais comment passer à l'acte. Tout le défi est ici, dans l'acte le premier. Les récits historiques sont au cœur de la ''fantasmagorie de geste'', ils portent l'Histoire, il soulèvent les questions, ils se souviennent, ils alertent, ils collectent, ils emballent les âmes et déballent les armes. Ils se battent, ils chantent, ils jouent les anges et les louanges. Et surtout ils finissent pour écrire un mythe : celui de Roland à Roncevaux devenu Virginia à Victoria.

Chanson de geste du XXe siecle

conte fantastique philosophique

Virginia Victoria peut être décrite comme une chanson de geste du 21e siècle. Ainsi, la pièce est structurée et écrite dans l’exigence d’une certaine licence poétique tout en s’inscrivant dans la lignée des contes initiatiques philosophiques et fantastiques.
L’écriture de Manuel Liminiana se construit depuis des années sur des textes à forte licence poétique défendant un rapport à la francophonie dans un certain classicisme assumé assorti d’une grande conviction de la possibilité de la remettre au gout du jour, de permettre à tous de se réapproprier ce rapport poétique et cette richesse de  la langue.

Cette formule fait appel à ce que nous développons dans notre travail : une versification tournée vers la rythmique, un coté épique et mythologique à forte portée philosophique, un caractère historique et un travail sur l’imbrication de la musicalité et de la narration.  La question du voyage, de l’imaginaire et des utopies nous rapproche également de façon évidente de cette forme.

Tradition de l’oralité qui nous vient du 12e siècle, la chanson de geste a permis durant des siècles la transmission philosophique de mythes, d’histoires et d’épopées.
La pièce fait également naturellement fait appel à une recherche approfondie concernant la musique, empruntant au 17e siècle des morceaux rares et narratifs d’influence tzigane. La musique en partie interprété au clavecin et au violon en live, raconte autant que le texte et les situations gestuelles, décrivant des états de jeu et de d’histoire forts.

L’univers fantastique est un espace particulièrement  propice à défendre des utopies, mais aussi a explorer des sujets philosophiques de façon plus imagée dans une fantasmagorie puissante parfois totémisées sous des incarnations particulière que le plus grand nombre peut appréhender avec parfois moins de réticences.
Par ailleurs, le fantastique permet aussi de travailler plus directement scénographiquement et symboliquement sur la question du ‘’monstre’’, intérieur et extérieur.

Une fresque théâtrale spectaculaire, épique et romantique dans un univers médiéval et fantastique.

 

EXTRAIT TEXTE

Au milieu d’un ruisseau,
Proche d’un lieu-prédit
Qu’on appelait cachot
Une jeune femme a grandi
Taillée par les bandits
Trahie, salie, vomie,
Bientôt reine de nuit.
Élevée par l’insoumis,
Celui qui a construit
Tout ce qui traîne ici,
Ici, ici, ici.
Et depuis le début
Croyez-moi c’est bien lui.
Le petit Isaïe du cornu.
Il lui apprit les pas,
Malaria, Choléra.
Il lui donna les droits.
Il lui laissa les choix.
Elle apprit tôt, et vite
Elle gagnait l’implicite
Rapid’ment dans l’élite
Et les temps changèrent de loi.
Aux abois comme Godefroi…
Commence alors la Rapine
Née de Seth et Volovine
Et Mille pouvoirs en un lieu
Et Mille hachoirs dans nos yeux
Et Mille ravages pour nos preux.

 

Mais la quête est fragile

Même pour les habiles.

Sur le fil, on commence,

A tuer la romance,

Et le mal s’installe

Dans toutes les étables.

Ça tuait par centaines

Pour sustenter la reine.

Disparaissaient en nombre

Les amis, frères et ombres.

Regardez le tableau.

Ils sont bien les Salos

Et nous somm’s bien les veaux.

J’ai vu des champs entiers,

Du mal qui moissonnait,

Des cadavres humiliés.

J’ai vu, j’ai vu, j’ai vu…

Et je me suis perdu.

Mais la rivalité

A réveillée l’épée.

Qui aurait pu songer…

Et les temps changèrent de loi.

Au beffroi en Princes de Troie…Commence alors la mutine.

Née de Geb et Feddayine

Et Mille espoirs en un lieu

Et Mille histoires dans nos yeux

Et Mille triomphes pour nos preux.

La mort sur son retrait

Est venue me parler.

En arrivant au fait,

On lui volait son pré.

Entends-tu cette idée,

La mort avait trouvé

Quelqu’un qui la tuait…

Comme si elle redoutait

Face à nous, toi et moi,

Pour la première fois,

De perdre son monopole.

Elle en devenait folle.…

Il a fallu truquer

J’ai… j’ai collaboré.

La reine dut céder.

A chaque mort qui tombait,

Trois anciens ressuscitaient.

Les cimetières se vidaient,

Et les outrepassés

Marchaient sur ses armées.

La Ténébrosité.

Voyant crever ses rats,

Barbatos et Andras

La traîtresse se cacha

Dans la fange et le gras.

Surnommée Tamara,

Elle vécut deux cents ans

Là, au milieu des gens.

Attendant sans pitié

Son quart d'heure pour frapper.

 

DISTRIBUTION

avec Nicolas Guépin - Solene Angeloni - Arlo Doukhan - Marine Demichel Susanne Simon - Denis Fargeat  maquillage Mélanie Benetier

musique Denis Fargeat - Solene Angeloni

lumière Lili Brik    assistante mise en scène Tiffanie Deschamps

texte, scénographie & mise en scène Manuel Liminiana

durée 2h50

 
 
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